Une forte majorité de Québécois affirment être disposés à payer plus pour une auto moins polluante. Pourtant, la part des voitures hybrides demeure marginale, autant au Québec qu’au Canada : moins de 2 % des 1,7 million de véhicules vendus annuellement au pays.
Les ventes sont en progression, notamment chez Toyota. Pour la première fois, les quelque 10 000 hybrides représentent 5 % de ses voitures écoulées au Canada en 2007, le double de 2006.
Source: Cyberpresse.ca Ce succès demeure unique pour l’instant, même si General Motors, qui débute dans ce créneau, entend fabriquer de 8 % à 10 % d’hybrides pour chaque modèle 2008 disponible.
Reste que Ford, par exemple, a vendu 944 exemplaires de son Escape 2007 en version hybride sur un total de 31 301, soit 3 % de ce modèle. Il s’en est moins écoulé au Québec, en proportion, que dans le ROC (Rest of Canada). Chez Honda, les hybrides représentent 3,8 % des Civic et 1,5 % des ventes totales.
Ces véhicules permettent de réduire les émissions de CO2, un gaz à effet de serre (GES), en utilisant des batteries électriques.
Alors, comment expliquer que près de 70 % des Québécois qui se disent enclins à délier les cordons de la bourse pour ménager l’environnement évitent de le faire? Une partie de la réponse est liée au sondage lui-même : «Ça ressemble à des vœux pieux», comme le souligne Raynald Côté, de CAA-Québec. Mais il y a plus.
Les consommateurs sont plus enclins à combler leurs besoins liés à l’apparence et à leur confort, avant même la sécurité. «C’est historique», explique George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA). Il rappelle l’arrivée des coussins gonflables. Dans les sondages, tout le monde se disait prêt à payer, mais personne ne le faisait. Les consommateurs optaient plutôt pour des toits ouvrants, des roues en alliage ou un intérieur en cuir…
Le prix peut parfois être un obstacle, mais de moins en moins avec les subventions gouvernementales. Autre difficulté : l’offre. Un acheteur, même convaincu, doit s’armer de patience puisque certains modèles sont disponibles au Québec sur commande seulement, entre six semaines et trois mois. Et la sensibilité à la pollution des changements climatiques est un phénomène relativement nouveau : le changement de mentalité prend du temps.
«Si on était rationnel et logique, on en achèterait. Mais on ne l’est pas. C’est la raison pour laquelle il faut des normes», estime M. Iny.
Il relativise aussi son usage. En ce moment, un hybride est inutile pour ceux qui roulent beaucoup sur les autoroutes. Dans ce dernier cas, ce sont les voitures diesels qui sont les plus économes, surtout si on peut faire le plein de biodiesel. Ceux qui veulent pousser la logique environnementale doivent aussi tenir compte du cycle de vie de l’auto, de sa production jusqu’à sa fin de vie…
En attendant les développements technologiques comme l’alimentation en hydrogène grâce à l’énergie solaire, une percée de chercheurs allemands, le prix de l’essence, s’il continue à augmenter, pourrait venir à bout des réticences.
Après des années à mousser les gros véhicules utilitaires sport (VUS), les constructeurs s’attaquent de nouveau à la réduction de la consommation de pétrole.
Ford a annoncé cette semaine l’utilisation pour ses véhicules d’une nouvelle technologie d’injection directe, à partir de 2009, qui permettra de réduire la consommation d’essence de 20 % et les émissions de CO2 de 15 %.
À moyen terme (2012-2020), le constructeur de Detroit réduira le poids de ses véhicules de 110 à 340 kg en utilisant de l’aluminium et de l’acier renforcé, et augmentera le nombre de diesel, «selon la demande». C’est seulement à plus long terme qu’il misera sur les sources d’énergie nouvelles et compagnie. Modèles hybrides et réguliers: l'écart de prix commence à diminuer Près de 70 % des Québécois sont prêts à payer plus cher pour polluer moins en auto, selon un sondage UniMarketing-Le Soleil. Vraiment?
«C’est le syndrome des bonnes intentions qui ne se traduisent pas nécessairement par des actions», note Raynald Harvey, président d’UniMarketing.
Ce gros décalage est «normal» avec une proposition «socialement désirable», estime Jacques Lemieux, expert des sondages de l’Université Laval.
«Les gens sont plus vertueux qu’ils ne le sont en réalité. Ils ont tendance à embellir leur comportement. Passer pour un pollueur, c’est mal vu. Il faut toujours interpréter avec beaucoup de prudence une telle question.»
Le chroniqueur automobile Éric Lefrançois n’est pas surpris non plus. «Mais on ne sait pas jusqu’où les gens sont prêts à payer plus cher.»
Il note toutefois que l’écart de prix entre les modèles hybrides et réguliers commence tranquillement à diminuer.
En 2005, il fallait s’attendre à payer environ 7000 $ de plus pour le modèle hybride de la Honda Civic, par exemple, comparativement à un modèle régulier similaire. En 2008, cet écart est maintenant de 3000 $. Avec les programmes de remboursement d’Ottawa (entre 1000 et 2000 $) et de Québec (jusqu’à 2000 $), la différence s’aplanit encore plus.
Le programme écoAUTO, du fédéral, a d’ailleurs reçu 37 942 demandes depuis son entrée en vigueur l’an dernier (à noter qu’il ne s’adresse pas qu’aux hybrides, mais à tous les véhicules économes en carburant).
Reste que l’environnement arrive en bas de la liste des critères des consommateurs — sauf si on évoque la diminution de la consommation d’essence. «C’est quand même prometteur parce qu’il y a une ouverture», juge George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA). Source: Cyberpresse.ca Dernière mise à jour : 14-01-2008
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Ecrit par: Suzanne Landry (Invité) le 22-01-2008 17:44