À la suite de l'importante tempête de neige qui a déferlé le lundi 3 décembre dernier sur tout le Québec, plusieurs individus et possiblement des contracteurs privés auraient pousser leur neige dans la rivière Richelieu.
Or, selon le règlement sur les lieux d'élimination de neige et la Loi sur la qualité de l'environnement, tout individu qui "dépose des neiges ailleurs que dans un lieu d'élimination conforme est passible d'une amende de 2 000 $ à 15 000 $."
Source : Hebdo.net Amende qui est aussi applicable à celui qui "déverse des neiges dans un plan ou cours d'eau, ou dépose des neiges dans un lieu d'élimination établi en tout ou en partie sur la rive de celui-ci, alors que ce déversement ou ce dépôt ne remplit pas toutes les conditions prescrites pour être permis."
En tout et pour tout, le dépôt de neige à proximité d'un cours d'eau comme la rivière Richelieu est interdit depuis 1997, car il peut entraîner des conséquences potentiellement très néfastes pour la faune et la flore.
Contremaître à la Ville de Belœil, Marcel Burelle assure que les municipalités sont bien surveillées par le bureau régional de Longueuil du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Des lieux de dépôts bien précis sont en place et c'est à ces endroits que les employés municipaux acheminent la neige.
"On n'a pas le droit de faire ça, mais il y en a qui le font. On en voit souvent dans le coin de Bernard-Pilon qui vont pousser la neige jusqu'aux abords de la rivière. Il y a aussi un dépôt sur le boulevard Yvon-l'Heureux (à Mcmasterville). Et de l'autre côté de la rive c'est aussi possible que certains poussent la neige jusqu'à la limite", souligne le contremaître.
Stéphane (nom fictif), est un résident de McMasterville et demeure près de la rivière. Il affirme qu'un de ses voisins non éloigné pousse de la neige jusque dans le Richelieu, et que l'été venu, on peut voir les dommages causés à la végétation de la rive.
"En demeurant sur le bord de l'eau, je vois des contracteurs qui envoient des quantités impressionnantes de neige dans la rivière. Même que l'hiver dernier, un déneigeur a arraché un beau banc de parc installé par la Ville sur le bord de l'eau. On sait qu'une rive boisée est importante pour la santé d'un cours d'eau", se plaint Stéphane.
Qui? Des compagnies situées à Belœil et près de la limite de McMasterville auraient été identifiées par MM. Burelle et Stéphane comme contrevenantes au règlement sur les lieux d'élimination de la neige. Ces particuliers de la rue Bernard-Pilon et de la rue Richelieu iraient porter la neige de leur terrain jusque dans la rivière.
Par contre, leur neige, contrairement à celle provenant des routes, ne contient pas de sels et moins de débris, d'huiles et graisses, de chlorures, de fer et de chrome. Des matières qui peuvent avoir un effet pervers sur la santé d'un cours d'eau.
Route 223 Le déneigement de la route 223 (chemin et rue du Richelieu) est donné par contrat par le ministère des Transports du Québec (MTQ). La municipalité McMasterville par exemple, est responsable du déglaçage et du déneigement de la route sur son territoire. Lorsqu'il y a une bordée, la neige est déplacée dans l'emprise de la route, c'est-à-dire entre celle-ci et la rivière. Ce genre d'action est tout à fait légal pour des raisons de logistique de transport.
Par contre, le problème réside dans le fait que des particuliers viendraient pousser la neige qui vient d'ailleurs jusqu'aux abords de la rivière. La situation est encore plus grave si un déneigeur privé vient disposer de sa neige en grande quantité à cet endroit, qui est un terrain privé appartenant au MTQ. Seulement le MTQ ou ses contractuels ont droit de déposer de la neige à cet endroit.
Comme mentionné, les contrevenants seraient plus du côté de Belœil que de McMasterville. Responsable des Travaux publics pour McMasterville, Charles Laliberté affirme que la situation n'est pas bien grave de son côté de territoire.
"Il n'y a que de la neige provenant de stationnements privés qui a été poussée sur le bord de la route, mais encore là, elle est bien loin de la rivière. Néanmoins, je suis allé faire un tour à Belœil, et en effet, on voit qu'une bonne quantité de neige a été poussée jusqu'au pied de la rivière. Mais c'est difficile de juger si la neige a été éliminée directement dans la rivière ou non."
"Il faut rappeler qu'on n'a pas le droit d'aller entreposer la neige à cet endroit-là, car c'est un terrain qui appartient au MTQ. C'est quelque chose de déplorable, on vit le même genre de situation dans nos parcs. Pour sauver des coûts, il y a des entrepreneurs (déneigeurs privés) qui vont simplement pousser la neige dans les parcs au lieu de payer pour la transporter à un dépôt", explique M. Laliberté.
"J'ai en effet connaissance que la bande riveraine gazonnée n'est pas souvent dans son meilleur état. Oui je remarque, comme citoyen, qu'il y en a qui disposent de leur neige de cette façon, car des arbres sont émondés", a pour sa part confié le surintendant de McMasterville, Stéphane Montagne.
Les municipalités n'ont pas le pouvoir de sanctionner de tels gestes. C'est le ministère de l'Environnement qui a le gros bout du bâton. Selon le Centre de contrôle environnemental du Québec, les vérifications se font sporadiquement. "Si on reçoit des plaintes, on peut aller vérifier", a brièvement expliqué la responsable des Communications, Christine Rondeau. D'après le ministère, la meilleure façon d'arrêter de tels gestes est qu'on lui communique des informations comme la plaque d'immatriculation du véhicule.
Source : Hebdo.net Dernière mise à jour : 14-01-2008
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