En raison du redoux, les centres de ski doivent se tourner vers la neige artificielle pour regarnir les pistes. Cette neige pourrait toutefois être dangereuse pour l'environnement, selon une des rares études sur la question. C'est la chercheuse Anne-Sophie Demers qui est l'auteure de cette étude sur l'enneigement artificiel.
Les conclusions de ses recherches, qui ont porté sur l'écosystème du Mont-Orford, sont alarmantes. « On voit une mortalité arborescente, mais surtout aussi quand il y a la fonte des neiges, il y a plus de vélocité dans les eaux de ruissellement, donc on a vu de l'érosion. Aussi, au niveau du réseau hydrographique, ça prend une charge plus prononcée, donc érosion des berges, transport des sédiments et des polluants », explique-t-elle.
La quantité d'eau nécessaire pour la fabrication de la neige artificielle est une autre problématique soulevée. Selon l'étude, elle dépassait la limite permise en 2004.
De plus, il faut ajouter aux dangers à évaluer celui des additifs ajoutés à l'eau pour faciliter la production de neige par temps doux. Le Snomax est celui qui est le plus populaire.
Les études sur l'impact écologique de ce concentré de protéines sont rares, mais plusieurs pays l'ont déjà banni. Même si le Snomax est approuvé par Environnement Canada, il inquiète les environnementalistes de la région. Au Québec, toutefois, il est encore largement utilisé.
« On ne connaît pas exactement quels sont les effets potentiellement négatifs que ça peut produire », indique Jean-Guy Dépôt, du Conseil régional de l'environnement.
Les élus se disent préoccupés par les résultats de l'étude. Il faut cependant préciser que la rentabilité et la survie des centres de ski sont des points importants à prendre en considération avec les hivers québécois souvent doux.
« Je pense surtout que la question est relevée par les environnementalistes. Les autres intervenants économiques ont plus de préoccupations économiques », affirme le maire du canton d'Orford, Pierre Rodier.
Pour ces raisons, Anne-Sophie Demers recommande aux centres de ski de limiter leur production de neige artificielle pour les périodes critiques seulement.